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Marchés 97421 septembre 2026

Article

Université, ARS, CIRAD : ces acheteurs publics 974 que personne ne surveille

Université, CIRAD, ARS, CHU, bailleurs sociaux : ces acheteurs publics 974 publient chaque semaine des marchés hors BTP, avec bien moins de concurrence.

Chaque lundi matin, le même réflexe. Vous ouvrez le profil acheteur de votre commune, vous regardez les avis de la CINOR, de la CIREST ou du TCO, vous vérifiez si le Département a sorti un lot de travaux. C’est logique : ce sont les acheteurs les plus visibles de l’île, et les plus gros pourvoyeurs de marchés BTP.

Le problème : vos concurrents ont exactement le même réflexe. Sur un MAPA de voirie publié par une mairie de l’Ouest, vous êtes rarement seul. Souvent huit. Parfois douze.

Pendant ce temps, d’autres acheteurs publics réunionnais publient eux aussi, chaque semaine. Université, organismes de recherche, ARS, CHU, bailleurs sociaux, établissements portuaires. Leurs consultations sortent des radars habituels. Sur certains lots, ils reçoivent trois offres. Parfois deux.

Voici qui ils sont, ce qu’ils achètent vraiment, et comment les faire entrer dans votre veille dès cette semaine.

Le réflexe mairie-Département qui fait rater des marchés

À La Réunion, la commande publique ne se limite pas aux 24 communes, aux 5 intercommunalités, au Département et à la Région. Des dizaines d’autres organismes sont soumis au Code de la commande publique : établissements publics d’État, hôpitaux, universités, instituts de recherche, bailleurs sociaux, sociétés d’économie mixte, ports et aéroports.

Tous appliquent les mêmes règles que votre mairie. Même dispense de publicité en dessous de 40 000 € HT. Même procédure adaptée au-delà. Mêmes pièces de candidature, DC1, DC2 ou DUME. Ce qui change, c’est le nombre d’entreprises qui regardent.

Et ce nombre est votre vrai levier. Sur une consultation vue par trente entreprises, votre note technique doit être excellente pour passer. Sur une consultation vue par cinq, une offre sérieuse et bien rédigée suffit souvent.

Qui sont ces acheteurs, et qu’achètent-ils vraiment

L’Université de La Réunion

Quatre implantations principales : le Moufia et le Parc technologique à Saint-Denis, Terre-Sainte à Saint-Pierre, le campus du Tampon. Un patrimoine immobilier important, donc un flux régulier de marchés.

Au programme : entretien et maintenance des bâtiments, travaux tous corps d’état, électricité, climatisation, plomberie, peinture, espaces verts, nettoyage, sécurité incendie. Mais aussi informatique, mobilier et équipements de laboratoire.

Ces consultations sont souvent alloties. Un lot peinture ou un lot menuiserie reste parfaitement accessible à une TPE.

Les organismes de recherche : CIRAD, IRD, Météo-France

Le CIRAD dispose de stations à Saint-Pierre et à Saint-Denis. L’IRD est implanté à Sainte-Clotilde. Météo-France pilote depuis Saint-Denis sa direction interrégionale pour l’océan Indien, avec des installations réparties sur toute l’île.

Leurs achats : études et prestations techniques, maintenance d’installations spécifiques, petits travaux sur des sites parfois isolés, transport, logistique, informatique.

C’est un terrain où la concurrence BTP classique reste faible. Les entreprises réunionnaises y pensent rarement.

L’ARS et le CHU de La Réunion

L’Agence régionale de santé achète surtout des prestations intellectuelles : études, évaluations, actions de prévention, communication, formation, interprétariat. Beaucoup en procédure adaptée, avec des montants accessibles à une petite structure.

Le CHU, lui, est un acheteur de premier plan, sur deux sites : Félix-Guyon à Saint-Denis et le site Sud à Saint-Pierre. Travaux de réhabilitation, maintenance technique, fluides médicaux, blanchisserie, nettoyage, restauration. Le spectre est large, et les marchés sont souvent pluriannuels.

Les bailleurs sociaux : SHLMR, SIDR, SEMADER, SODIAC

On les associe à la construction de logements. C’est une erreur de perspective : leur parc existant génère bien plus de marchés que leurs programmes neufs.

Entretien courant, remise en état de logements entre deux locataires, ravalement, étanchéité, plomberie, ascenseurs, espaces verts, gardiennage. Souvent sous forme d’accords-cadres à bons de commande, donc du chiffre d’affaires récurrent sur plusieurs années.

Pour une TPE du bâtiment, c’est probablement le gisement le plus rentable de cette liste.

Les satellites : port, aéroports, SEM et établissements publics

Le Grand Port Maritime de La Réunion, les aéroports Roland-Garros et de Pierrefonds, l’Établissement public foncier, le Parc national, l’Office de l’eau, les SEM et SPL d’aménagement, le rectorat, la CCI : tous achètent. Travaux, entretien, études, services.

Ajoutez-y les lycées, gérés par la Région, et les collèges, gérés par le Département, qui passent aussi leurs propres commandes.

Comment se positionner sur ces marchés

Raisonnez en codes CPV, pas en noms d’acheteurs

C’est le changement de méthode le plus rentable. Si vous surveillez la mairie de Saint-Paul, vous ne verrez jamais passer un marché de l’Université. Si vous surveillez le code CPV qui correspond à votre métier, vous voyez tout, quel que soit l’acheteur.

Quelques exemples : 45442100 pour les travaux de peinture, 45331000 pour le chauffage et la climatisation, 77310000 pour l’entretien des espaces verts.

Prenez dix minutes. Listez les trois à cinq codes CPV qui décrivent vraiment votre activité. C’est la base d’une veille qui ne rate rien.

Élargissez votre veille aux bons profils acheteurs

Ces organismes ne publient pas tous au même endroit. Selon l’acheteur, l’avis part sur le BOAMP, sur AWS-Achat, sur Atexo, sur e-marchéspublics ou sur MPE974. Surveiller une seule plateforme revient à ne voir qu’une partie du marché réunionnais.

Adaptez votre mémoire technique au lecteur

Un acheteur hors BTP ne lit pas comme le service technique d’une mairie. À l’Université ou à l’ARS, votre offre sera souvent évaluée par un gestionnaire, pas par un conducteur de travaux.

Trois conséquences concrètes :

  1. Expliquez vos choix techniques sans jargon. Si un sigle est indispensable, définissez-le.
  2. Insistez sur ce qui rassure un site en activité : sécurité, propreté, nuisances sonores, phasage, continuité du service. Sur un campus ou dans un hôpital, travailler sans perturber compte autant que le geste technique.
  3. Traitez les contraintes propres au site : horaires, accès, badges, coactivité avec les autres intervenants.

Ce que ça change pour votre carnet de commandes

Trois bénéfices, concrets.

Moins de concurrence, d’abord, sur des lots que peu d’entreprises regardent. Une deuxième famille de clients publics, ensuite, précieuse quand les communes ralentissent leurs achats en fin d’exercice budgétaire. Des accords-cadres récurrents, enfin, qui sécurisent un plan de charge au lieu de dépendre d’un seul gros chantier.

Le premier pas est simple. Cette semaine, ajoutez ces acheteurs à votre veille et vérifiez vos codes CPV. Vous verrez passer des consultations que vous n’aviez jamais vues.

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